Kidnapping: Un peu d’accalmie en 2019 mais toujours en état d’alerte

  • lundi, 06 janvier 2020 08:36
  • Anonymous
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Contrairement à 2018 où l’on relevait 18 kidnappings de membres de la communauté indo-pakistanaise (Karana), l’année 2019 reste sans précèdent avec une réelle accalmie sur le front des enlèvements.

La volonté du gouvernement de lutter contre l’insécurité en général et les enlèvements ont permis aux forces de l’ordre d’interpeller et de mettre sous les verrous plus de cinquante auteurs et complices de kidnapping.

En parallèle, le Pôle anti-corruption a traduit nombre d’entre eux devant la justice afin de les confondre et de les mettre hors d’état de nuire.

Néanmoins, il convient de rester vigilant et mobilisé sur ce fléau, certains commanditaires et dangereux criminels sont toujours actifs !!

Douloureux rappel le 13 décembre dernier avec le kidnapping du propriétaire de Vel’Optic M. Navaze Veldjee.

En effet, la veille du kidnapping, le premier ministre a montré sa satisfaction devant l’Assemblée Nationale en annonçant que concernant les enlèvements de personnes contre rançon, la situation est maîtrisée. Quelques heures après un Karana est enlevé en pleine matinée ! Il a été libéré quelques jours plus tard très probablement contre paiement d’une rançon !!

Les cibles ont changé, et en 2019 des enlèvements ont bel et bien eu lieu et ont touché des Malagasy dits de « souche ». On ne peut oublier l’enlèvement et le meurtre de Bonjean Haingotiana Rakotozafy, candidat député dans la circonscription de Tsaratanana (région Betsiboka), kidnappé par des « dahalo ». Son corps décomposé a été découvert par des femmes allant faire leur lessive au bord d’un cours d’eau, ses ravisseurs ne lui laissèrent aucune chance !

Si le kidnapping touchant les Indopakistanais a baissé ; les enlèvements de Malagasy existent dans les campagnes et en province, du nord au sud, et d’est en ouest de la grande île, mais ils sont peu rapportés par les médias,

L’insécurité, dont le kidnapping en fait partie, est un « nævus époux de la peau » (tandra vadin-koditra) de la vie quotidienne des Malagasy, elle (insécurité) a augmenté exponentiellement avec notre démographie, sans oublier les facteurs aggravants, pauvreté et paresse.

Pourquoi notre productivité baisse ? A cause du fahavalisme, terme emprunté à l’administration coloniale bien avant les cataclysmes naturels, car on est loin des dizaines de typhons (cyclones e !) qui touchent le Japon par an, sans oublier les tsunamis, les tremblements de terre et autres volcans, et cela avant que cet archipel ne soit ce pays riche que l’on connait maintenant.

Des récits anciens révèlent (18-19ème siècles) des sites de bandits qui existent encore de nos jours (Bongolava-Ambongo) déclarées de nos jours comme « zone rouge ». Comme nous l’avons écrit dans nos lignes, rien n’a changé sous le tropique du Capricorne en 10 siècles ! Ce n’est pas la 1ére fois, ni la dernière que des bandits défient l’autorité à Madagascar.

Il est vrai que des responsables tentent d’éradiquer ce phénomène mais il a la vie dure, des kidnappings et autres razzias touchant hommes et biens ont été les fléaux de ce pays, malheureusement la majorité de nos historiens et traditionnistes ont passé ceux-là sous silence.

A côté, le fait que certains accusés de cerveau de kidnapping sont relâchés, ou soupçonnés par l'opinion de sortir en douce des différentes prisons, ne rassure pas la population, et qui ne facilite pas la collaboration avec les victimes, car ils craignent pour leur vie, et plusieurs victimes ont d'ailleurs kidnappés pour plusieurs fois.

Dans cette lutte quotidienne contre le kidnapping le Collectif des Français d’origine indienne à Madagascar (CFOIM) est très actif et apporte son soutien aux forces de l’ordre par la collecte d’informations au travers de son réseau d’appel à témoins. Certaines mauvaises langues laissent entendre que les enlèvements seraient orchestrés par des « Karana » contre d’autre « Karana » et que ce ne serai qu'un règlement de compte entre eux !! Cette affirmation n’a plus lieu d’être aujourd’hui, ce fléau doit être éradiqué et le CFOIM met tous ses moyens pour soutenir les familles des victimes quelles que soit leur nationalité et origine sociale.

Nos politiciens comme leurs ancêtres, filoha, ampanjaka de n’importe quelle région semblent s’en accommoder : « tandra vadin-koditra e ! ». La majorité « absolue » de la nation en souffre, les administrations tentent de faire ce qu’elles peuvent mais… Comme le disent certains de nos confrères, ces séries de kidnapping ternissent nos images et font fuir vers nos voisins beaucoup d’investisseurs.

Alors que faire, s’en remettre à Dieu ? 2020 sera-t-elle l’année de tous les espoirs sur le combat contre le kidnapping ?

Anonymous

 

 

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