Îles Malagasy: Des gesticulations et pantalonnades?

  • mercredi, 20 novembre 2019 09:04
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La rencontre du 18 novembre de la commission mixte franco-malagasy concernant les îles malagasy ou îles éparses de l’Océan Indien a accouché d’une souris, en effet rien n’a été décidé sauf une prochaine réunion cette fois à…Paris mais à quand ? Personne ne sait !

Un communiqué conjoint laconique laisse entrevoir que chaque partie a campé sur ses positions au paragraphe 6.

Pour Madagascar, le différend porte sur le processus de décolonisation inachevée du pays, conformément au droit international. A cet effet, la restitution de la souveraineté de Madagascar sur ces îles reste une question fondamentale dans la négociation et constitue une question devant être abordée préalablement à l’examen et à l’adoption d’une solution commune de développement.

Pour la partie française, il existe « les éléments fondant les bases juridiques et la licéité de la souveraineté française sur ces îles, conformément au droit international », en d‘autres termes, ces îles appartiennent bel et bien à la France.

Par contre les observateurs locaux, comme internationaux, ont été quelque peu surpris par l’inégalité frappante sur la composition de la délégation française si l’on compare cette rencontre à un match de foot international, la France n’a aligné qu’une équipe de la division 3 !

Comme chef de délégation, la France a diligenté l’ambassadeur Michel Escure à la coopération régionale dans l’Ocean Indien nommé à ce poste en Conseil des Ministres le 21 octobre dernier, âgé de 56 ans et ancien élève de l’ENA. Auparavant il a été ambassadeur de France en Tanzanie (2011-2014) et au Niger, de 2015 à décembre 2018. Au ministère des Affaires étrangères, il a également occupé plusieurs postes, dont ceux de sous-directeur et de chef de service au sein de la Direction générale des Affaires politiques et de sécurité.

Rémi Maréchaux, de 2010-2013, a été Directeur de la Stratégie, Direction Générale de la Sécurité Extérieure, Ministère de la Défense
et de 2013-2016 : Ambassadeur de France au Kenya et en Somalie.

Arnaud Suquet, conseiller des affaires étrangères (cadre d'Orient), en qualité de sous-directeur d'Afrique australe et de l'océan Indien (groupe B) à la direction d'Afrique et de l'Océan Indien, il est à ce poste depuis le 2 septembre 2019.

Didier Ortolland, conseiller aux Affaires Etrangères, sous directeur de la sous-direction du droit de la mer, droit fluvial et des pôles au Ministère des Affaires étrangères et européennes.

Jean Pierre Balcou, sous-directeur des affaires juridiques et institutionnelles au Ministère de l’Outre Mer.

Et enfin Christophe Bouchard, Ministre plénipotentiaire de 2ème classe Depuis le 06 août 2019 : Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Madagascar, le plus gradé de cette équipe hexagonale sinon le reste sont des sous-directeurs !

Alors que le vis-à-vis malagasy se présente avec un premier ministre et Ministre des Affaires Etrangère, un éminent juriste, des officiers supérieurs ainsi qu’un spécialiste des conflits africains, sans oublier un haut conseiller.

Les 2 délégations ont été inégales, n’a-t-il pas eu quelque part une sous-estimation de la partie française à l’égard des Malagasy?

Dans ce genre de rencontre, rien n'est fait au hasard, et tous les membres de la délégation sont connus d'avance, et les deux parties peuvent rejeter la proposition de délégation de son vis-à-vis, alors qu'un 6ème membre du coté malagasy a été inséré à la dernière minute pour équilibrer le nombre, car l'ambassadeur de France est aussi de la partie en dernière minute.

Ce même jour le président malagasy inaugure un KFC, une chaîne à franchise de fast food américain, n’est-il pas plus subtile de mobiliser les concitoyens à cette question fondamentale qu’est la restitution de la souveraineté de Madagascar sur ces îles ?

Il n’y a rien de mal à mobiliser les investisseurs étrangers à utiliser leur argent à Madagascar si cela peut rehausser le niveau alimentaire de ses concitoyens. Mais on se demande si les dés ne sont pas pipés d’avance et la cogestion de ses territoires constitue la prochaine étape à Paris. La France ne lâchera jamais sa poule aux œufs d‘or avec tout ce qu’il y a dans les sous-sols de ces îlots : gaz, phosphate, hydrocarbures…

« Le débat juridique sur ces îles sont clos » dixit l’éminent juriste membre de la délégation malagasy qui a quitté, pour des raisons mal connues, la séance plutôt que prévu. N’est-il pas d’accord avec ce qui s’est passé ? Il a été parmi les négociateurs sur le retour des îles dans le giron de Madagascar 40 ans ce mois de décembre, ou avait-il vraiment un voyage à l’extérieur à préparer ?

Les questions se bousculent mais celle qui revient souvent c’est la cogestion. Malgré les ânonnements divers des soi-disant patriotes, avons-nous les moyens de faire coercition pour récupérer ces territoires ? Au fond, des gesticulations et pantalonnades (fihetsiketsehana) cela on sait le faire.

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