Place au commun accord

  • lundi, 04 novembre 2019 10:47
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La langue malagasy, comme ses cousines austronésiennes/malayo-polynésiennes, est une langue agglutinante, c’est-à-dire une langue qui a recours à des ajouts de suffixes pour exprimer les nuances grammaticales de la phrase.

Dans notre cas, le terme radical ou la racine « era » est traduit par « demande de permission » et peut être préfixé en « miera », devenu le verbe signifiant « demander la permission ». « Ierana/nierana » se comprend comme l’état d‘une chose dialoguée, donc un « compromis » au niveau des belligérants.

L’Assemblée nationale (AN) n’est-elle pas traduite en « An-Teni-Mieram-Pirenena » ? « Lieu où l’on demande la permission de la nation », ce lieu est considéré dans la représentation populaire malagasy comme l’antre de la Démocratie depuis la chute de la 2nde République, car normalement c’est là que sortent toutes les lois régissant le pays.

Car les projets de loi provenant du gouvernement ou les propositions de loi émanant de l‘AN doivent être discutés au sein du palais de Tsimbazaza, avant d’être votés et envoyés vers le Sénat qui, à son tour, accepte ou refuse, et une fois que tout le monde soit d’accord, qu’ils deviennent une loi, sauf si la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) ne la trouve pas non conforme à la Constitution.

Si pour les thuriféraires de la culture occidentale interprètent l’existence de l’AN, Sénat et HCC comme les représentations de la Démocratie et l’Etat de droit, pour les Malagasy ils ne sont que la définition ou plus exactement la modernisation d’un ancien fonctionnement de la société malagasy basée sur le « era, miera, mifampiera, teny ierana », en un mot l’entente vers un commun accord, il y a un adage qui dit « Ny sakay aza telina rehefa teny ierana » le piment peut être avaler quand on se met d’accord, une traduction plus large d’ « avaler une couleuvre » !

Il est vrai que l’actuel président Andry Nirina Rajoelina a été élu sur la base de son programme Initiative Emergence Madagascar (IEM), mais ce projet risque de capoter sans l’aval et l’adhésion nationale.

Les dirigeants successifs à Madagascar, depuis le retour de l’indépendance en 1960 et l’instauration de la République en 1958 n’ont eu cesse de se comporter comme des monarques/rois ! Les élections leur servent de passe-droit afin d’agir comme les souverains d’antan. Être élu leur donne le droit d’agir comme un maître absolu, sans aucune considération pour leurs électeurs, « tsy izay mahafaly anareo no atao fa izay mahasoa », on fait ce qui est bien mais non ce qui vous plaît, il a été renversé, 2 ans après cette phrase qui a été mal interprétée par la majorité du peuple.

Tous ces politiciens du 20ème-21ème siècle oublient ou ignorent que dans l’inconscient malagasy, mais aussi austronésien, le chef de l’Etat, quelque soit sa dénomination, roi ou président, est l’époux de la nation.
Il a la responsabilité de la protéger de toutes menaces et dangers.

Sans entrer dans les détails de la dernière élection présidentielle de 2018, l’actuel locataire d’Iavoloha est élu au 2nd tour avec 55.66% des voix,avec un taux d’abstention de 51.91%, ce qui lui a valu d'un taux de confiance réel de 19.71%.

Inscrit 9 913 599
Voix obtenues Andry Rajoelina 1 954 023

Taux de confiance 1 954 023/9 913 599= 19.71%, c'est presque 1/5 c'est-à-dire, s'il y a 05 adultes, 01 seulement au moment du vote lui a donné une réelle confiance, faute de sondage, nous ne pouvons chiffrer l'état de confiance actuelle, mais au vu des grognes assourdissantes, et à l'image des commentaires virulents sur les réseaux sociaux, cette confiance déjà si fragile à la sortie de 2nd tour se retrouve effrité, voire au raz des pâquerettes actuellement.

Alors peut-il s’entêter pour son projet Tana Masoandro ? Pour se protéger il utilise le vieux système des fusibles qu’on fait sauter, voilà que le ministre de l’Energie, de l’Eau et des Hydrocarbures vient d’être limogé du fait des crises de l’eau, des délestages et de la pénurie aux pompes des hydrocarbures. A part les interviews des militants déguisés en population qui approuve le projet.

Mais dans la réalité, les propriétaires du terrain n'acceptent pas de brader leur terre, même dans certain endroit, des grands groupes de production électrique y sont déjà installés, sans qu'aucune indemnisation ni préalable soit faite.

Tana Masoadro, censé être le soleil levant, apportant de la lumière et de la chaleur, mais c'est un projet si sombre, si opaque, que des informations glanées ici et là qu'on entend d'un montant de 20 millions de dollars d'indemnisation. Pour 1000ha de terrain exproprié, c'est-à-dire 10 000 000m², l'achat du terrain serait de 2$/m² (8 000ariary - valo ariary, 10kg de riz le m²).

Mais cela suffit-il pour calmer une population qui souffre de l’inflation, des délestages, de l'insécurité, du chômage et bien d’autres choses dans le passé, comme au présent et à l’avenir. Au bout de 9 mois, le management basé sur les communications (serasera) de l’actuelle administration commence à se fissurer. La seule issue est le dialogue et le commun accord (tenimiera).

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