Il nous faut un tyran

  • mercredi, 08 juillet 2015 09:53
  • Andry Baliba

Bon nombre de citoyens, durant la célébration du 55ème printemps de notre Indépendance ont encore pu apprécier ne serait-ce qu’à travers des clichés en noir et blanc la magnificence de la ville d’Antananarivo d’antan. Propre et bien organisée. Rien à voir avec la nôtre. A force de vivre avec des tas d’ordures et des rats ici et là, les gens ont fini par accepter la misère.

Des personnes à qui la société confie des responsabilités pour le mieux-être de tous, font semblant de jouer leur rôle avec brio tandis que les contribuables font semblant de suivre les règles régissant notre vie quotidienne à la lettre. Tana a tout faux au nez et à la barbe de tous et chacun.

Il n’y a plus rien d’étonnant si les bords des artères de notre centre-ville sont bouchés par des petites commerces de fortune. C’est à cause de la crise. Où voulez-vous que « les pauvres » assurent leur pain… non leur petite assiette de manioc ou bol de maïs tous les jours. Le riz devient, depuis belle lurette, un produit de luxe pour la plupart des foyers au faible revenu.


En parlant de la ville de Tana, les embouteillages arrivent du coup à l’esprit. Un cauchemar pour les écoliers et un supplice pour les travailleurs. Un conducteur de taxibe qui vient de décrocher son permis « Vorintsiloza » ; un faux permis de conduire après ses quelques années d'expériences en tant qu’aide chauffeur met, d’Ambohitrarahaba jusqu’à Analakely, au moins deux heures alors que c’est un trajet de 15 km. Comment voulez –vous développer un pays dont les fonctionnaires, en se rendant au bureau, passent tous les jours trois heures de temps sans rien faire à part écouter de la musique dans le bus en attendant que les embouteillages se dégagent. Et tout ça devient normal, une seconde nature. Si
tu es pressé, les gens te diront que tu n’avais qu’à partir la veille ou de mettre des ailes sur ta bagnoles. L’anormale devient normale et celui qui fait du tort détient la raison. Alors tout va à l’envers.

A l’avènement des élections communales, il est grand temps pour les Tananariviens de choisir la personne idoine pour mieux gérer cette ville. Peut-être qu’il nous faudrait urgemment un tyran pour remettre tout en ordre.

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