Lutte contre les pandémies: Y-a-t-il une vraie politique nationale ?

  • mercredi, 09 octobre 2019 21:14
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Le président Andry Rajoelina participe le 9 et 10 octobre avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou aux côtés d‘Emmanuel Macron à la 6ème Conférence de reconstitution du Fonds Mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme qui se tient à Lyon (France).

Créé en 2002, à l’initiative de la France, de l’Union européenne et du G7, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (the Global Fund to Fight AIDS, Tuberculosis and Malaria), souvent appelé « le Fonds mondial », ou en anglais « the Global Fund », est une fondation à but non lucratif destinée à « attirer, …mobiliser et …investir des ressources supplémentaires pour mettre fin aux épidémies de VIH, de la tuberculose et du paludisme, à l’appui de la réalisation des Objectifs de développement durable établis par les Nations unies ».

Le Fonds mondial a permis de sauver 32 millions de vie depuis sa création, avec plus de 38 milliards de US $ d’investissements. Basé à Genève, il mutualise les contributions financières de 38 États et plus de 14 acteurs privés afin de soutenir les programmes nationaux de lutte contre les pandémies dans environ 140 pays en développement.

En un mot, le Fonds est aujourd’hui le principal financeur international de la lutte contre les pandémies dans les pays en développement, à hauteur de 20% pour le sida, 65% pour la tuberculose et 57% pour le paludisme.

La France, 2ème contributeur et bailleur bilatéral du Fonds Mondial avec plus de 5,3 milliards d’USD engagés depuis sa création, apporte un soutien politique et financier majeur dont elle est un des pays fondateurs. D’où cette 6e conférence de Reconstitution, afin de collecter des ressources supplémentaires pour 2020-2022, sera le principal objectif de cette rencontre au sommet. Organisée tous les trois ans, cette conférence rassemble des représentants de gouvernements, de la société civile, du secteur privé et des communautés touchées par les trois pandémies.

Le Président de la République française appelle la communauté internationale à recueillir au moins 14 milliards d’USD pour le Fonds et sauver ainsi 16 millions de vies au cours des trois prochaines années. Sa réussite sera cruciale pour la réalisation des Objectifs de développement durable: mettre fin d’ici 2030 au SIDA et autres grandes pandémies.

Le Cambodge est présenté comme le « champion » des pays bénéficiaires grâce aux subventions du Fonds Mondial, plusieurs objectifs ambitieux sont en passe d’être atteints dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Ainsi, le Cambodge est le seul pays d’Asie du Sud-est à réaliser les objectifs dits « 90-90-90 » fixés par l’ONUSIDA pour l’élimination du VIH (à l’horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH sont diagnostiquées et connaissent leur statut sérologique ; 90% des personnes infectées par le VIH reçoivent un traitement durable, 90% des personnes recevant un traitement ont une charge virale durablement supprimée), alors qu’aucun décès dû au paludisme n’est à déplorer depuis 2018.

En plus du Fonds, le gouvernement français a crée l’« Initiative 5% » en 2011 pour fournir une assistance technique et financière à des projets de recherche, innovants ou opérationnels autour de la lutte contre ces 3 pandémies. Cette Initiative est destinée aux pays francophones bénéficiaires du Fonds Mondial, elle mobilise l’équivalent de 5%, d’où son nom, de la contribution au Fonds. Elle est augmentée de 7% actuellement. Cet outil a permis à la France de renforcer son action dans le domaine de la santé et d’y promouvoir son expertise.

Le VIH/SIDA à Madagascar

Au 17ème Colloque VIH/SIDA/Hépatites (20-22 Novembre 2018) à Maurice, le Ministère de la Santé Publique estime que le nombre de la population vivant avec le VIH frôle la barre des 40 000 en 2018. Néanmoins le taux de prévalence du SIDA est de 0,26 % en 2018.

Par contre pour les MSM (Men having Sex with Men) la prévalence est de 14,8% en 2014. Quant aux usagers de drogues injectables, la prévalence est de 8,5% en 2016 et de 5,5% chez les travailleuses du sexe la même année. Malheureusement il faut cependant reconnaître que dans le pays, la majorité de celles qui vivent avec le VIH l’ignorent et ne connaissent pas ainsi leur statut sérologique. Le risque de contamination est de ce fait élevé !

Assistanat extérieur

L’aide du Fonds Mondial semble tomber à point, la prophylaxie pré-exposition (PrEP) – médicament destiné à prévenir le VIH – nécessite un financement important, ainsi que des infrastructures adéquates. Certes nous avons à titre d’exemple les hôpitaux dits « aux normes » (hopitaly manarapenitra) alors il faut maintenant les équiper pour faire face à ces pandémies (SIDA, Tuberculose et Paludisme).

Mais … ce genre d’assistance extérieure n’est jamais gratuit, surtout quand il s’agit d’argent, même si l’on dit que ce sont des dons.

Depuis 2002, on se gargarise de ce Global Funds / Fond mondial afin de combattre le VIH/SIDA, mais sommes nous conscients, simples citoyens comme dirigeants de la conséquence politique de ces aides devenues pérennes dans notre vie nationale ? Les Occidentaux interviennent dans beaucoup de domaines : santé, environnement, alimentation (insuffisance rizicole), hydrocarbures, … Tout cela est lié contrairement à ce qu’on pense.

Nous sommes de plus en plus dépendants et on s’y plaît, contrairement à nos déclarations de patriotisme et d’indépendance nationale. Tout nous vient de l’étranger et certains en tirent fierté.

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