Peur ou prudence ?

  • mardi, 06 août 2019 08:41
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Le Titre VI de la loi n° 2014-020 du 20 août 2014 sur les « élections territoriales » à son chapitre 1er, section 1ère à l’article 241 : « Conformément aux dispositions de l’article 34 al.1er de la loi organique n°2012-005 du 22 mars 2012 portant Code électoral, la liste électorale à utiliser aux élections communales est celle établie à la suite de la révision annuelle et arrêtée définitivement au 15 avril ».

Le pouvoir actuel reconnaît-il enfin les lacunes des listes électorales des 2 scrutins passés (présidentiel et législatif)? Donc on procédera à une énième révision de la liste, la dite révision est-elle un prétexte afin de reporter les communales.

Alors que, toujours dans le même titre VI à l’article 240, il est inscrit : « Le Chef de l’exécutif et les membres de l’organe délibérant de chaque Collectivité territoriale décentralisée sont élus au suffrage universel, pour un mandat de quatre (04) ans ».

Comme les dernières élections communales remontent au 31 juillet 2015 et que les tribunaux administratifs ont proclamé les résultats définitifs le 18 septembre 2015, donc le mandat des maires est sur le point d’expirer, et après dépassement des termes du mandat (04 ans), il y a vacance de poste de facto et de jure (de fait et de droit).

Alors le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, par une simple note, peut-il prolonger le mandat du maire ? Sans se référer à la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) ou aux Législateurs, alors que tout le monde se gargarise que Madagascar est un Etat de droit et l’époque des « ordonnances » est terminée avec l’élection de l’Assemblée nationale, ou va-t-on procéder à la mise en place de délégation spéciale nommée par le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation comme le stipule l’article 130 du titre III de la présente loi n° 2014-020 ?

Pourquoi ce report ? Quelles sont les réelles intentions des dirigeants actuels ? Bon nombre d’observateurs croient que l’administration Rajoelina n’a pas encore clos son désir de révision constitutionnelle afin de supprimer le Sénat, malgré la Décision n°10-HCC/D du 25 mai 2019 de conformité à la Constitution sur la réduction du nombre des membres de la chambre haute.

Contrairement au souhait de faire un référendum constitutionnel, accouplé aux législatives, refusé par la HCC, le Chef de l’Etat espère-t-il faire cette fois-ci son coup double, référendum et communales ? Ces élections auront lieu en …2020 car rien n’est encore donné en matière de calendrier exact. Certaines indiscrétions affirment que le ministre des finances a demandé à ses subordonnés d'inscrire le budget élection communale en 2020 !

A-t-on peur de quelque chose ou de quelqu’un ou exactement de quelques uns ? On se souvient que le taux de participation lors des 2 dernières élections ont certainement battu les records mais… Ceux-ci sont des signaux forts pour le désintérêt des Malagasy pour des scrutins dont ils suspectent des fraudes et des résultats biaisés d’avance.

Les organisations de ces élections laissent à désirer, malgré les efforts apparents de la Commission Electorale Indépendante (CENI). Certains analystes ont encore en tête la série d’élections organisée par l’administration Ravalomanana en 2007. Cette dernière n’a jamais pris en compte le faible taux de participation lors des législatives et régionales, l'ancien président s’est entêté à faire les communales, et surprise on a vu l’élection de… Andry Nirina Rajoelina au détriment de Hery Rafalimanana, brillant organisateur des 7èmes Jeux des Îles de l’Océan Indien.

Naïvement Ravalomanana n’a jamais su interpréter la faiblesse des taux de participation comme étant un désaveu de sa politique de gestion de l’Etat, car il a cru que sa politique d’infrastructures a été pleinement réussie, alors que des failles subsistent (insécurité par exemple).

Il est fort possible que Rajoelina, avec son équipe est plus perspicace en se méfiant de ces faibles enthousiasmes pour les élections en reportant le scrutin. Car des surprises peuvent avoir lieu, sans oublier le grand nombre d’indépendants au sein de l’Assemblée nationale, ce qui signifie que personne ne peut prévoir ce qui va se passer, et le parti présidentiel IRD n’est pas sûr de remporter dans toutes les grandes agglomérations.

Par peur, l’administration actuelle joue la prudence, d’autant plus que dans la capitale, le parti présidentiel n’a pas encore statué qui va devenir son champion, de même dans les grandes villes des côtes, par exemple à Toamasina, Mahajanga, Antsiranana,…Le pouvoir préfère jouer avec le temps. Mais ce calcul est valable pour les opposants.

Anonymous

 

 

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