Antananarivo: Génération, action et objectif nouveaux

  • lundi, 29 juillet 2019 11:29
  • Anonymous
  • Photo Gasypatriote

Antananarivo la ville des 1000 hommes depuis 4 siècles, est-elle la Cité des 1000 tourments? Avec tous les soucis et problèmes qu’elle traîne.

Selon AfrikMag rapportant le magazine Forbes en 2018, Antananarivo est classée à la 3ème place des villes les plus sales au monde et la 1ère en Afrique. Elle arrive juste après Baku (Azerbaïdjan) et Dhaka (Bangladesh), sur notre continent elle arrive en tête avant Addis Abeba (6ème rang mondial) et Brazzaville (10ème rang mondial).

Rien de surprenant au vue des amoncellements d’ordures et autres déchets jetés ici et là, en plus des états de nos rues et ruelles.

En ce début du 21ème siècle, 20 ans sont déjà passés (on est en 2019), les charrettes et autres pousse-pousse tirés par des hommes en faladium (pieds nus !) engorgent encore les sentes ! On dirait le 19ème siècle en Chine ou en Europe, c’est-à-dire 200 ans de retard.

On continue encore à voir des personnes faisant la queue sur les fontaines publiques, les lavoirs encombrés des gens qui se soulagent à côté des toilettes publiques. Les marchés où les marchands continuent de vendre leurs produits sur des étals posés à même le sol, comme l’on fait leurs ancêtres au temps d’Andrianampoinimerina.

Mais à cette époque là, chacun payaient une dîme au monarque, donc à l’Etat, mais de nos jours beaucoup de nos marchands ambulants (terme par lequel nous avons traduit mpivarotra amoron-dalana) ne s’acquittent d’une quelconque patente, alors qu’ils encombrent les trottoirs, aggravant encore plus la circulation.

Toutes ces dysfonctionnements sont normaux pour les habitants de la capitale, sans oublier l’insécurité (pickpocket, vols à l’étalage, vols à l’arrachée, attaques à main armée, …), celle-ci est encore aggravée par l’absence d’éclairage, les routes chaotiques…

Sans oublier les embouteillages qui engloutissent 4h de production par jour et par personne, avec un coût, voire une perte de 1000 milliards d’Ariary par an.

Si ailleurs les grandes villes considèrent le tourisme urbain comme un phare reflétant leur culture comme à Bangkok, Singapour, Maurice sans parler de l'Inde, la Chine, Bali ou plus proche de nous le Kenya, Zanzibar, Marrakech,… Tout ce beau monde drainent par an des centaines de milliers, voire des millions de touristes, qui y transitent, mais nous que proposons nous ?

Un passé en ruine: le Rova incendié et pas totalement reconstruit, des cimetières …culturels : tombeau d’anciens hauts personnages, le Tranopokonolona Isotry !… Malgré de nouveaux édifices, Antananarivo reste très en arrière par rapport à ses voisins insulaires (Maurice et Réunion) à moins de 2 heures de vol de la Capitale.

Avec l’approche des prochaines municipales, il est temps de tourner la page, car on a l’impression que pour une certaine génération, devenir maire de la Capitale est un tremplin pour les présidentielles, une recette dont le goût ces 20 dernières années a été amer.

En 5 décennies d’existence, l’Université de Madagascar devenu plus tard celle d’Antananarivo, a produit des milliers de ses enfants, mais on a l’impression qu’ils ont tous disparu et que parfois être diplômé de l’enseignement supérieur est l’objet de moqueries.

Certes les déceptions causées par la mal gouvernance des technocrates de la 2nde République a crée une appréhension sur la capacité de nos éduqués, mais les vraies causes sont les déviations et dérives du socialisme révolutionnaire du dirigeant de l’époque. Cette décennie et demie (1975-1991) a élaboré une mentalité de revanchard de ceux qui n’ont pas fait partie du système et engendrer une catégorie de politiciens tournés vers l’enrichissement illicite.

Antananarivo donne l’image d’une cité, fief d’un parti ou d’un groupe connus pour leurs divisions et querelles, sous couvert de « démocratie », alors que les habitants croulent sous des milliers de problèmes, mais ces gens là se contrefoutent : on voyage en Europe, on prend des vacances…

Place aux jeunes, aux élites, qui ont des visions, une direction claire, au centre de laquelle l'enseignement, la formation, la technologie sont le vrai moteur pour un changement capital et en partie bénéfique pour la… Capitale.

Anonymous

 

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