Filière vanille: Veut-on la tuer ?

  • mercredi, 05 juin 2019 13:09
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Il y a 1 mois de cela le Ministère du Commerce a imposé un « taxe » de 5 pour 1000 sur la valeur FOB aux exportateurs de vanille pour la délivrance du Certificat de Contrôle, de Conditionnement et d’Origine (CCCO) sur toute opération d’exportation de vanille. Pour les opérateurs, cette taxation surprise aura des conséquences graves sur la filière.

Selon bon nombre d’entre eux des contrats ont été annulés et plus d’une centaine de tonnes de vanille prêtes à l’exportation sont bloquées dans les entrepôts des opérateurs. Car les contrats signés dans la 2ème moitié de 2018 n’incluaient nullement pas cette taxation qui se chiffre par milliards de MGA, donc elle ampute considérablement la trésorerie des exportateurs déjà affaiblis par la petite marge bénéficiaire qu’ils pratiquent.

Par conséquent les centaines de tonnes (environ 300) encore aux mains des producteurs de la SAVA risquent de ne plus trouver d’acheteurs car les opérateurs ne savent plus où se donner de la tête !

Eh voilà pour corser le tout, un décret a été pris afin de fermer les exportations de vanille le 01 juin dernier quand les exportateurs ont terminé leurs déclarations de stock ! Et ce, selon certains, à la demande de quelques acheteurs pour que des exportateurs adversaires ne puissent pas participer à la prochaine campagne 2019 par manque de moyens financiers, d’autant plus qu’ils n’auront plus accès au préfinancement.

Ainsi certains peuvent acheter à bas prix la prochaine production de vanille verte ! Pour ces raisons, des groupements d‘exportateurs demandent l’annulation de cette date limite d'exportation des vanilles déjà recensées et stockées de l'ancienne récolte, mais ils n’ont pas obtenu de réponse jusqu’à ce jour.

Ces reliquats de stock vont être le précurseur de la baisse des prix dans les semaines qui viennent. Nul besoin de deviner les conséquences sociales, économiques, voire politiques, car de nombreuses familles de planteurs, ainsi que les employés des entreprises, le tout atteignant quelques milliers, tirent leurs ressources du secteur de la vanille.

Ce dernier est le 2nd pourvoyeur de devises de notre pays et a fait la réputation de Madagascar. Malheureusement il existe de nos jours un ras le bol de la majorité des acteurs de la filière vanille qui ont du mal à accepter toutes ces mesures qu’ils qualifient d’anti-économiques et contraires au principe de la libéralisation de la filière.

Actuellement, selon plusieurs sources, il y a beaucoup de réunions des importateurs pour essayer de contrôler le prix et le marché de la vanille de Madagascar.
Alors que les exportateurs demandent qu'on applique la loi de l'offre et de la demande.

A ce jour, pour la région de la SAVA, aucune date d'ouverture de campagne n'est annoncée, alors que partout ailleurs, c'est déjà ouverte même, les récoltes sont périssables, et l’insécurité monte, car des voleurs sévissent dans les champs de vanille, les planteurs ne dorment plus chez eux, mais guettent nuit et jour leurs biens sous la pluie torrentielle.

Des vanilles vertes sont déjà vendues au marché noir chez des "faux opérateurs" qui ne font que blanchir leur argent sale, soit disant en opérant dans la filière et rapatrie, sous couvert d'opération commerciale de vanille, leur fond occulte.

Veut-on tuer la filière vanille ? Y-a-t-il une mafia qui tente de mettre la main sur ce commerce encore juteux, malgré certaine défaillance qualitative ?

Les opérateurs lancent un SOS au Président de la République qui, lors de son passage dans la région durant la campagne électorale, avait promis d'aider les producteurs dans l’amélioration des prix ainsi que de la production.

Mais pour le moment, tout le monde attend des mesures concrètes, mais non de la destruction de leur source de vie. Les mesures sorties jusqu’à présent favorisent des groupes extérieurs à la région, voire des groupes des étrangers qui veulent tout rafler au grand dam des opérateurs locaux et des planteurs Malagasy.

Vivement un labelle vanille Malagasy, soutenu par les dirigeants malagasy, pour les opérateurs et planteurs Malagasy, au profit de l'économie de Madagascar, qui participe légalement au matelas de devise, pour le renforcement de la monnaie Ariary (MGA).

Anonymous

 

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