Réconciliation : Un droit à l'oubli ?

  • samedi, 18 mai 2019 19:30
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A un moment de sa vie, chacun pourrait avoir fait "des conneries", certaines sont moins importantes, d‘autres seraient inacceptables, pour ne pas dire bannies par la société et sûrement condamnées par la loi.

Mais a-t-on un droit pour une seconde chance ? Celle-ci, la majorité des politiciens malagasy ont eu la leur à travers la « feuille de route » de la Réconciliation nationale, évidemment elle ne fait pas gratuitement !

Derrière la réconciliation existe une …compensation ! Car dans le milieu politique africain comme malagasy, tout se monnaye, donc une réconciliation qu’elle qu’en soit la cause (rixes, pillages, guerre civiles, génocides, …) se conclue par une réparation sous d’autres cieux ou dans d’autres Etats, cela se dénomme « dommages et intérêts ».

Mais le hic dans notre patrie bien aimée les caisses de compensation sont vides !!!

Vides parce que l'Etat rechigne de mettre la main dans sa poche ou plus exactement son trésor … public afin de sortir un denier, il attend les partenaires financiers : l'ONU, UE, SADC, … pour payer à sa place !

Rien d’étonnant à ce que les dirigeants successifs, depuis 2002 s’appuient sur la « Communauté Internationale » occidentale pour payer les pots cassés.

C’est nous qui font les "conneries" et ce sont les autres, plus exactement les Vazaha qui doivent payer ?!!

Le Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM), mis en place en août 2017 (loi 2016-037), a pu étudier plusieurs dossiers qui ont abouti à des amnisties politiques et rétablissements des droits civiques, mais quid de l'amnistie économique ?

Si ce terme existe, cela veut dire que les personnes ont-ils reçu des compensations ? Dégâts physiques et moraux méritent une réparation, d’autant plus que c’est l’Etat qui a décidé de la mise en place de cette « réconciliation ».

Dans les pays dit démocrates et Etat de droit, mot qui revient souvent sur les lèvres de nos politiciens, les victimes des « erreurs judiciaires » sont compensées, en France (notre référence politique et intellectuelle), elles sont payées par la Caisse de Dépôts et de Consignation.

A Madagascar ce genre d’institution n’existe point, le système est corrompu pour ne pas dire pourri.

L'Etat est le premier gros client dans l'échiquier économique du pays, avec un portefeuille pesant plusieurs milliers de milliards d’Ariary de budget d'investissement et plusieurs milliards d’Ariary sur les budgets de fonctionnement des ministères : fourniture de bureau, location....

Alors les entrepreneurs, fournisseurs, opérateurs en tout genre trouvent des mannes sur ces marchés. Donc ces hommes d’affaires nagent ou se plaisent à nager dans ces eaux troubles d’odeur nauséabonde car nul ne peut avoir un marché de l'Etat sans corrompre un haut dirigeant.

Personne ne pense que de telles manœuvres constituent des délits devant des lois dont tout le monde s’encontre-fout ! D‘autant plus qu’avec nos systèmes et traditions, l'exécutif nomme les judiciaires, ainsi que les inspecteurs et contrôleurs.

Sans oublier les retards sur la loi des règlements, loi censée donner quitus à l'exécutif avant d'entamer le nouveau budget. N’y a –t-il pas des agents supposés payés par l’Etat qui ont du mal à percevoir leur solde ?

Au niveau de l'Assemblée nationale, normalement le patron de l'Exécutif, du moins le Premier ministre (PM) et son gouvernement, par le biais de l'art. 54 de la Constitution, les députés majoritaires proposent le nom de ce PM, et 1 mois après sa nomination, il doit présenter sa Politique Général de l’Etat (PGE) devant le Parlement (législatif).

En retour, les représentants de la nation n’ont droit seulement qu’aux questions sans débats ! D’autant plus que les nominations des PM ont-elles respecté les procédures réclamées par la Constitution ? Que font les gardiens de cette dite Constitution ?

Quid de ces soi-disant hommes d‘affaires entre autres les trafiquants de bois de rose, de tortues, d'or et d’autres richesses du pays (pierres précieuses, …), ceux qui ont vendu comme des pâquerettes nos hectares de terre à 30 Ariary le m².

Ils se sont tous bâtis des fortunes sans rendre compte à quiconque, sans payer d‘impôts ni de taxes ! Combien de domaines publics sont passés entre les mains de compagnies privées ?

Certains se posent la question : faut-il rembourser les créateurs de troubles ? Ces pseudo-révolutionnaires (mpitolona), qui ont emmené les foules franchir les zones rouges, avec en conséquence plusieurs centaines de mort depuis 50 ans ?

En compensation faut-il ressusciter ces morts ? Les Malagasy doivent aussi se réconcilier mentalement avec l'argent, car si à chaque fois nos riches malagasy et opérateurs sont abattus comme des chiens dans l’indifférence générale, à côté on laisse le champ libre aux étrangers, où va-t-on ? Le patriotisme n’est-il qu’un vœu pieux.

Et la chasse aux sorcières ? Actuellement les proches de l’administration HVM sont les principales cibles des opérations anti-corruption.

Il est de notoriété publique qu’entre 2013-2018 Madagascar a atteint les cimes de la corruption mais cette administration n’est pas la seule. Celle d’avant n’est pas au-dessus de tout soupçon. Le prochain dirigeant surement va emprisonner ceux qui administrent actuellement car ils baignent tous dans la même puanteur. Et quand est-ce qu'on va casser ce cercle vicieux ?

Peut-être jamais, car le pardon n’est que démagogie comme la pratique de la démocratie, triste tropique sous le soleil du Capricorne. L’oubli est vite fait sous nos cieux et malheur aux vraies victimes, elles sont morts pour rien.

Anonymous

 

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