Gambas, caviar,… où sont les locaux ?

  • samedi, 23 mars 2019 19:44
  • Zakaria
  • Photo Illustration Net

Après des semaines de polémiques, l’actuelle administration, à travers son ministère des pêches, a procédé aux saisies des chalutiers chinois qui pêchaient illégalement dans nos eaux territoriales.

Ceci est déjà un bon point pour la protection de nos richesses maritimes, mais avec nos 5 600 km de côtes, sans oublier nos rivières et fleuves, où en est-on dans le domaine de la pisciculture ? Qu’elle soit marine (mer) ou continentale (eau douce) ?

Depuis presque 30 ans, un opérateur économique d’origine indo-pakistanaise fait de l’aquaculture sur la côte nord ouest de notre île (Mahajamba) et ce sur 20 km de long.

Portant la nationalité française, cet homme d’affaires a fait sa fortune dans l’élevage d’une variété de crevettes, les gambas.

Sans entrer dans les détails, son chiffre d‘affaires annuel atteigne des millions d‘Ariary voire plus, car les « crevettes de Madagascar » sont très recherchées sur le marché européen et même asiatique. Il s’est même fait un gros investissement, 25 millions d‘Euros pour monter une station d’épuration de l’eau de mer afin de préserver la pureté de sa ligne de gambas.

Plus proche de la capitale, dans le lac créé par Jean Laborde (Mantasoa), d‘autres Français, 10 ans de cela, bâtit une pisciculture d’eau douce afin d‘élever des esturgeons qui ont des œufs, le fameux « caviar », très prisés sur le marché international.

A titre d‘exemple 1kg peut coûter jusqu’à 2 500 Euros (10 millions d‘Ariary).
Donc les étrangers arrivent à se faire du fric chez nous mais où sont les businessmen locaux ? A titre d‘exemple ses 2 sociétés aquacoles emploient des techniciens malagasy! Malheureusement nous dépensions notre temps à discutailler du sexe des anges et utiliser nos cerveaux à savoir qui était avant l’œuf ou la poule.

Peu de gens savent l’existence de ses fermes pour en prendre exemple, pour nous ce sont des Vazaha donc par définition ils sont riches.

Qu’attendons nous pour faire un effort, au lieu de se contenter de l’argent facile qui tourne vite et qui se perd rapidement. Grand nombre de Malagasy ne saisit pas bien le sens de la valeur ajoutée pour construire de la richesse sans oublier l’épargne, un des principes des valeurs asiatiques, qui avec travail, persévérance et discipline sont à l’origine des réussites économiques de La Birmanie, Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Viêt-Nam,… mais surtout la Chine, Corée du sud et…du Nord.

Il ne faut pas trop gober ce que rapportent les médias occidentaux. Ces régions décollent, et même si un grand nombre d‘investisseurs étrangers y arrivent afin d‘utiliser leur argent, ils n’influencent point les politiques et équilibres intérieurs de ces Etats.

Livre rouge, MAP, IEM, tous sont pleines de bonnes intentions mais ce qu’il nous faut ce sont des infrastructures et institutions fortes pour garantir notre développement durable. Pas seulement des effets d’annonce !

Où sont les locaux ? Ils sont là mais peu motivés ou menacés, voire emprisonnés et lapidés dès qu'ils décollent.

Anonymous

 

 

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