Manandafy Rakotonirina tire sa révérence

  • dimanche, 17 mars 2019 15:02
  • Britto
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Manandafy Rakotonirina nous a quitté à 81 ans après une vie politique très engagée durant 47 ans. Ce natif de Fandriana, formé exclusivement à l’Université de Madagascar (Ankatso) a été, avant tout, un intellectuel et professeur de sociologie connu pour son franc parler.

Il se distingua très vite comme un patriote dur, voire à l’extrême pour les politiciens de l’époque dont beaucoup sont encore marqués par les évènements de 1947, et l’échec des revendications patriotiques.

Certainement, pour cette raison qu’il adhéra au parti MONIMA de feu Monja Jaona qui a déclenché le mouvement d’Avril 71 dans le sud de l’île qui a fini par de nombreux morts et des emprisonnements.

Si ce mouvement a été encore une fois de plus un échec, il annonça le début de la fin pour la République Malgache du regretté Philibert Tsiranana, vécue comme une forme de « néo-colonialisme ».

Les troubles de Mai 1972 dont Manandafy a été l’un des meneurs acheva les 14 années de ce qui fut l’Etat-PSD.

Il créa fin 1972 le parti MFM, une sorte de dissidence du parti MONIMA, pour ne pas dire une branche « intellectuelle » de celui-ci.

S’engagea alors entre lui et Didier Ratsiraka une compétition entre celui qui dirigera la gauche malagasy. Dépassant même l’AKFM de feu révérend Richard Andriamanjato, ce fut Didier Ratsiraka qui remporta la partie au détriment d’Ikoto (surnom donné à Manandafy). Ce qui a valu à ce dernier un an d’emprisonnement ou de résidence surveillée entre 1976-1977, finalement les 2 hommes sont parvenus à une entente en constituant le Front pour la Défense de la Révolution (FNDR) sous la 2nde République.

La présence du président fondateur du MFM aux élections présidentielles de 1989 annonce les prémisses d’une fin de la 2ème République, même s’il n’arriva qu'à la 2nde place, loin derrière Ratsiraka.

C’est à cette époque que le MFM et son créateur a pris un virage « libéral » en rejoignant la famille de l’Internationale Libérale.

Certainement la réussite de l’économie chinoise durant l’ère Deng Xiao Ping y était pour quelque chose. Comme 20 ans auparavant contre Tsiranana, Manandafy figure parmi les artisans de la chute de Ratsiraka en 1991 avec les feux Zafy Albert, Richard Andriamanjato, Jean Rakotoarison, sous l’égide du front Hery Velona.

10 ans après, Manandafy Rakotonirina a soutenu la candidature de l’homme d’affaires Marc Ravalomanana à la présidentielle de 2001, et depuis, il est resté un de ses fidèles soutiens. Cela lui a valu une arrestation musclée de la part des Forces d’Intervention Spéciale de la Transition et son emprisonnement en 2009, car il venait d’être nommé Premier Ministre de Ravalomanana, parti en exil en Afrique du Sud après son départ forcé du 16 mars 2009.

Les noms Manadafy Rakotonirina et MFM se sont toujours confondus, malgré l’existence de membres illustres comme Germain Rakotonirainy (Lynx) lui aussi disparu, Maurice Rakotovazaha, Constant Raveloson, Pety Rakotonirainy,…

Manandafy s’en est allé, il a combattu jusqu’au bout en soutenant la candidature de Marc Ravalomanana aux dernières présidentielles. Le bilan de sa vie politique c’est à tout un chacun d’en tirer les leçons mais une chose est sûre un grand politicien a tiré sa révérence.

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