Faire travailler les Malagasy

  • lundi, 11 février 2019 13:54
  • Anonymous
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Dans sa politique générale de l’Etat (PGE) à la rubrique « paix et sécurité » considérée comme une priorité absolue, l’administration Rajoelina et Ntsay affirment des intentions qui ont toujours été dites par les gouvernements précédents : « garantir une paix durable dans le pays » et depuis deux décennies « l’effectivité de l’Etat de droit ».

Comme d’habitude on a énoncé les différents moyens à mettre en œuvre :
- Dotation en matériels adéquats des forces de sécurité urbaine comme rurale, avec la mise en place des centres de formation adéquats pour former nos forces d’intervention spéciale (FIS) dans les zones rurales, comme dans les zones urbaines, avec un redéploiement des militaires dans les zones rouges;

- Mise en place d’une nouvelle stratégie de sécurisation des zones urbaines et rurales;

- Dotation d’hélicoptères pour lutter contre les vols de zébus afin de réduire ces vols de plus de moitié à court terme;

- Cadrage des Dina (pour éviter les justices et autres vindictes populaires?);

- Accélération de la mise en place de système de surveillance des bétails et de leurs mouvements avec l’arrêt immédiat de toute exportation de bovidé;

- Sécurisation des voyageurs sur les routes nationales : installation progressive de brigades spéciales d’intervention tous les 150 km ainsi que des aires de repos;

- Réhabilitations et constructions de nouvelles prisons;

- Les détenus seront amenés à réaliser des travaux pouvant leur permettre une réinsertion dans la communauté tels les travaux agricoles et réaliser des travaux pénaux.

Depuis des lustres, les Malagasy, les responsables inclus, ont toujours cru, durs comme fer que la pauvreté est à l’origine de notre insécurité permanente et elle a augmenté d’une manière exponentielle ces 40 dernières années, en parallèle avec la démographie.

Alors que ce n’est qu’en partie vraie. Il faut avoir la mémoire fragile pour dire qu’entre 2002 et 2009, l’insécurité était insignifiante, alors que pour faire le trajet Antsirabe-Morondava, les taxis brousse devaient former une escorte afin d’éviter des attaques dans une zone réputée « rouge » !

Certes ces actes de banditismes ont augmenté après 2009 jusqu’à nos jours, mais les commentaires sont plus …politiques que socio-économiques.

La solution pour notre insécurité chronique, voire historique eh oui, elle existait depuis le temps des rois ! Vols de bovidés et trafic humain étaient de mise, ce qui explique la concentration des Malagasy loin des côtes, au milieu de l’île (Tsimihety, Sihanaka, Merina, Betsileo).

Ces groupes ont subi des attaques et des pillages, mais la politisation de notre histoire par les Occidentaux (Vazaha Britanniques et Français) ont littéralement biaisé notre interprétation du passé. D’autant plus que l’élimination physique de certains de nos historiens par l’administration coloniale (tel que Rainandriamapandry) a laissé le champ libre à tous les thuriféraires de la Colonisation afin de développer les thèmes ethnicistes (18 tribus) pour diviser la nation malagasy unie par sa langue commune.

La solution, comme nous l’avons dit, est de « faire travailler les Malagasy », ce ne sont point les chantiers qui manquent : building, autoroute, Tanamasoandro ….

Nation née de l’esclavage (Ntaolo/Vazimba, colons, esclaves déportés de Bornéo, esclaves/soldats amenés d’Afrique de l’est), donc travailler avec encadrement est pour un grand nombre synonyme d’esclavage. La discipline est vécue comme une relation maître-serviteur.

Pour cette raison, voire mentalité, on est le seul pays qui recule économiquement sans connaître la guerre. Et nous nous délectons à accuser nos dirigeants comme seuls responsables, alors que beaucoup d’entre nous sont contents de descendre et de se faire descendre dans les rues pour qu’un Tel ou Tel accède au pouvoir !!!

Comme nos parents, nous n’avons pas choisi notre passé mais afin d’arrêter cette chute aux enfers, il faut trouver les moyens de faire travailler, par exemple, au lieu d’abandonner Bemolanga entre les mains d’une société étrangère, pourquoi ne pas faire une Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO), ou un service national pour réhabiliter, construire, bitumer, ou en pavé toutes nos routes.

Les Chinois ont bien employé leur masse laborieuse pour bâtir des routes, des ponts et des buildings qui font envie comme à …Miami ! Ils n’ont pas utilisé des bulldozers et autres engins mais presque avec leurs mains. Alors à chacun de réfléchir.

Anonymous

 

 

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