Une espèce rare

  • jeudi, 10 janvier 2019 21:46
  • Anonymous
  • Photo Capture vidéo déclaration Ravalomanana

Peu de gens ont parié sur les chances du baron de l’agro-alimentaire à devenir président de la République en 2002. Mais ô surprise, il a réussi à faire tomber l’Amiral, celui qui a gouverné Madagascar durant…21 ans. Mais dans la Grande île, Nation du « Fihavanana », on a la rancœur durable, quelques personnes ne voulaient à tout prix ce « paysan » qui a réussi à bâtir son empire à partir de rien.

Ces mauvaises relations interpersonnelles dues à un caractère bien affirmé très différent de ses compatriotes ont facilité sa chute en mars 2009. Mais comme pour le punir d’avoir réussi, on a brûlé ses biens et dénigré sa personne ainsi que sa famille en le forçant à l’exil en Afrique du Sud et ce durant cinq ans. Durant cette période on tenta de diminuer sa popularité basée sur un charisme indéniable.

Dès son retour en 2014, après une résidence surveillée de quelques mois à Antsiranana, il a réussi à faire élire sa femme Lalao comme édile de la Capitale, pour preuve de sa popularité intacte. Et 3 ans plus tard, il s’est représenté aux élections présidentielles et au 2nd tour, son rival a été celui que ses irréductibles ennemis ont choisi pour le renverser en 2009, Rajoelina Andry Nirina, ex-maire d’Antananarivo et ex Président de la Transition (2009-2013).

Cette fois-ci, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a déclaré son rival gagnant à 55,66% soit 2 586 938 des voix et pour Ravalomanana Marc 44,34% soit 2 060 847, c’est-à-dire une différence de voix de près de 530 000 électeurs et un taux de participation de 48,09 %.

Sans analyser ces données, le plus surprenant est l’attitude de Ravalomanana qui a tenu à remercier son heureux adversaire. Il a concédé sa défaite tout en demandant l’arrêt des poursuites de ceux qui ont réclamé plus de transparences pour ces résultats ayant divisé la Nation en deux. En tant que principal protagoniste il a préféré se mettre au-dessus de la mêlée. il n’a certainement plus voulu une autre crise post-électorale, son adversaire aura-t-il fait la même chose ? Dieu seul le sait.

Toujours est-il que malgré toutes les épreuves qu’il a traversé depuis 10 ans, cet homme de foi est une espèce rare sous les tropiques où règne une biodiversité politique incroyable. Un démocrate ? Un naïf ? Un repenti ?...

Il est le seul à le savoir et nous lui tirons notre chapeau, même si selon cet adage français : « trop bon, trop c … »

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