Révélations de Ratsirahonana: du pipeau !

  • dimanche, 16 décembre 2018 11:39
  • Anonymous
  • Photo Archives Gasypatriote

Tout le monde avait attendu avec impatience les soi-disantes révélations de Ratsirahonana Norbert Lala concernant les points chauds de notre histoire nationale.

Après le débat houleux entre le candidat n°13 et 25 à la télévision nationale, après une passe d'armes durant laquelle l'ancien président Ravalomanana a lâché qu'il a donné 5 milliards à son successeur à la Mairie, le jeune Rajoelina, pour la reconstruction de l'Hôtel de ville, entièrement ravagé par le feu durant la grève des étudiants en 1972.

Après les confidences des anciens collaborateurs de Rajoelina Andry Nirina durant la Transition (2009-2013) dénonçant ce dernier comme étant à la tête de l’exportation illégale de bois de rose, ainsi que de l’or durant plusieurs années.

Divulgations pouvant entraîner une chute du candidat n° 13 dans l’opinion publique, voilà que Ratsirahonana décide de sortir de son silence en apportant sa contribution dans ces guéguerres de révélations entre partisans des 2 candidats le 13 comme le 25.

A la télévision du candidat n°13, le faiseur du roi, Norbert Lala Ratsirahonana, comme dans son habitude a répondu, avec aisance et humour, les questions minutieusement préparées par la journaliste.

Bien évidement, il a renié l'existence d'aide de l'Etat, de surcroît le fameux 5 milliards fourni par Ravalomanana.
Au contraire il s'est vanté du comportement de Rajoelina, qui était président de la Transition, après la démission de Ravalomanana, ou d'un coup d'Etat, c'est selon, a aidé et protégé les Ravalomanana pour qu'on ne brûle pas leur maison et usine.

Mais quid des autres points chauds de l'histoire récente du pays?

2001-2002: Dakar I et Dakar 2
Qu'est-ce qui s'est passé réellement en 2001-2002 ?

Rakotonirina Manandafy a déjà donné la réponse: 2001-2002 n’a jamais été un coup d’Etat mais une crise post-électorale entre d’une part Ratsiraka Didier et Ravalomanana Marc sur l’éventualité d’un 2nd Tour ou pas.

Les partisans de ce dernier, dont Ratsirahonana était la tête de file, sont pour une victoire au 1er tour après confrontation des PV, ce que contestait l’amiral et son équipe qui qualifient cet acte de coup d'Etat institutionnel, d'ailleurs sous l'impulsion de Ratsirahonana, Ravalomanana a prêté serment 2 fois.
Et si les accords de Dakar n’ont pas été menés à leur terme il est sûr que Ratsirahonana était derrière.

Maputo: 2009-2010
Après mars 2009, une faction de l'armée s'est rangée du côté de Rajoelina, tête de file de la révolution orange, camps par camps militaires ont égrainé leur soutien au jeune maire d'Antananarivo, et ce qui devait arriver arriva, prise du Palais présidentiel par des engins militaires, armes de guerre, militaires armés, prise du palais d'Iavoloha et les différents ministères, prise de la SALOPS, Salle d'opération militaire et ministère de la défense, ce fut un coup d’Etat qui n'a qu'un seul nom: PUTSCH.

Quand une partie de l’Armée soutenait Rajoelina, le « jeune putschiste de 36 ans » comme l’affirmait Randriamampionona Joseph Martin dit Dadafara, en le mettant au pouvoir, la communauté internationale, plus particulièrement la SADC, tenta un rapprochement en organisant les rencontres de Maputo avec une feuille de route pour « un retour à l’ordre constitutionnel » et surtout en toile de fond le retour de Ravalomanana Marc à Madagascar. Mais rien n’a été fait à cause des agissements de Ratsirahonana.

Ce vieux dinosaure de la vie politique donne l’impression de connaître les ficelles du métier, surtout comment négocier sur la scène internationale. Comme le disait un observateur de la vie politique malagasy, c’est un professionnel du « coup d’Etat ». Cette personne a même insinué que c’est de famille depuis le temps de la monarchie !

Sans accuser qui que ce soit, un certain parallèle existe entre ce qui s’est déroulé à Antananarivo durant les 15 jours précédant le départ précipité de Ravalomanana et la manière dont on a éliminé du trône Radama II, 146 ans et 2 mois plutôt!

Pour ce monarque, on a commencé à propager des rumeurs et des pseudo-crises d’hystéries collectives (ramanenjana) afin de le discréditer. Ensuite on a changé les militaires qui gardaient le palais par des unités venues d’autres coins de l’île, ce qui fit peur à la population tananarivienne tenue éloignée des transactions, ayant abouti au coup d’Etat ! Le 11 mai 1863.

Ce qui est malheureux dans cette histoire est qu’on a jusqu’à présent retenu ces rumeurs comme la vérité. Alors le coup d’Etat de 2009 ressemble à un copier/coller de 1863 : rumeurs et coup militaire sans l’assassinat en moins ? Et le fond : lutte de pouvoir et …refus de la modernisation.

Dénoncé de toute part et allergique aux attaques provenant de l’élite côtière à l’image d’Eliane Bezaza, de la famille de Tsiranana, il est sûr que notre dinosaure a vu ses poils se dresser et comme à son habitude les répliques n'ont pas tarder mais qui vont le croire ?

Toutes les déclarations de Ratsirahonana ne sont que du pipeau en tentant d’embrouiller les cartes.

Anonymous

 

 

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