Racket en haut lieu

  • mercredi, 17 octobre 2018 18:33
  • Anonymous
  • Photo Gasypatriote

De plus en plus d’opérateurs se plaignent des harcèlements que leur font subir certains responsables possédant quelques miettes d’autorité.

Que l’on veuille ou non, en cette période électorale le pays vit sous un régime de transition. Il y a ceux qui sont sur le départ, car n’ayant aucun espoir de rester au pouvoir, d’autres profitent de leur passage pour s’en mettre plein les poches.

La question qui obsède quand ils arrivent au pouvoir est : où trouver du fric facile. Des cibles toutes désignées existent, les …opérateurs économiques !

En 60 ans de retour de l’indépendance, la majorité des Malagasy ont été éduqués dans le sens de devenir des fonctionnaires, emploi jugé prestigieux car conférant au titulaire honneur et…argent.

Au temps de la Colonisation, le fonctionnaire est perçu comme étant le citoyen vazaha qui est invité à la table du Vazaha (le colon) et qui vit comme un Vazaha.

Pour le commun des Malagasy, ces « Vazaha papier » (Vazaha taratasy) sont des collaborateurs affiliés à l’administration coloniale, des « traîtres ayant vendu leur patrie (mpamadika mivarotra tanindrazana) », ils sont donc à la fois méprisés et redoutés par leurs compatriotes.

Au retour de l’indépendance, ces fonctionnaires-collaborateurs sont devenus tout court des fonctionnaires avec comme sobriquet qu’ils se sont fabriqués eux-mêmes « serviteurs de l’Etat ».

Dans la réalité, ils vont se servir eux-mêmes dans la caisse de l’Etat.

Contrairement aux pays ayant acquis leur indépendance par des luttes de libération nationale, les Africains et les Malagasy n’ont pas joui de responsables ayant une légitimité historique, mais des administrateurs hérités de l’occupation étrangère.

Même si la corruption atteint la plupart des Etats de la planète, celle qui touche les pays africains sont parmi les plus graves. Madagascar ne fait pas dans l’exception, face à la dégradation de leur niveau de vie consécutive aux échecs économiques des administrations successives depuis 5 décennies, les fonctionnaires plus particulièrement les plus hauts gradés se laissent aller à la corruption à grande échelle.

D’autant plus que même leur recrutement se fait dans la malversation la plus totale, du genre « payer pour se faire recruter » (mandoa écolage), et ce dans tous les secteurs et à tous les échelons.Pour se rembourser en retour, il est devenu une habitude, pour ne pas dire, une tradition de se faire payer les services qui sont gratuits dans l’intérêt général.

Le pire, si autrefois on demande une « tige de cigarette » maintenant, au minimum, le million de Fmg, et le comble on harcèle tous ceux qui ont des services à demander aux bureaux de l’Etat.

Et comme nous l’avons affirmé, les plus gradés qui savent qu’ils vont partir, plument les opérateurs économiques en n’hésitant pas d’utiliser tous les moyens en leur possession en menaçant leurs cibles de toute sorte de "contrôles" : Samifin, Bianco, Douanes, redressement fiscal, descente de Gendarmerie, et évidemment ceux qui craignent n’ont d’autres voies de sortie que de payer.

Peut-être même, certains n’hésitent pas à faire des enlèvements ?!!

A l’allure où vont les évènements, opérateurs Malagasy comme Karana y passent, c’est un film qui s’intitule « racket en haut lieu » et Antananarivo est le nouveau Chicago des années 30, même si on fait un autre cinéma, celui de détruire des armes devant l’esplanade de l’Hôtel de ville.

Anonymous

 

 

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