Souveraineté ou Communauté internationale

  • lundi, 01 octobre 2018 12:43
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2017: l’actuel candidat n° 25 a reçu le prix "African Leadership of the Year” délivré par le magazine African leadership basé à …Londres.

Un an plus tard, le même magazine décerne un autre prix pour le candidat n° 12, fraîchement démissionnaire de son poste de président de la République, celui du « Prix d’excellence pour le développement Africain ».

Entre temps, le n° 13 signe des autographes pour son livre autobiographique à…Paris.

Ces 3 numéros figurent parmi les favoris de la course aux présidentielles dans quelques semaines. D’ailleurs un sondage en leur faveur par le FES n’est-il pas empêché d’être publié ? Au motif de « troubler l’opinion public ».

En réalité le principal intéressé, la nation malagasy, est mis à l’écart et beaucoup se demande qui dirige ce pays. Qui organisent les élections ? Qui fixent le taux de change de l’Ariary (MGA) ? Qui contrôlent le prix des hydrocarbures ? …Qui contrôlent qui ?

Les interventions médiatisées le plus souvent maladroites de quelques organisations internationales dans la planification des prochaines élections laissent entrevoir une totale mainmise sur une partie de notre souveraineté nationale qui est celle de choisir le dirigeant qui nous sied.

Bon nombre de nos élites sont fiers d’exhiber leur « règle de bonne conduite » en s’affichant comme étant le « bon élève de la communauté internationale… occidentale » à l’image de ces candidats qui se vantent des prix distribués à Londres et à Paris.

Chaque institution évoluant dans les organisations électorales se montre arrogante en étalant leurs rencontres et les sous donnés par les sociétés internationales comme ces mendiants au bord des rues montrant les billets qu’ils ont acquis à force de se lamenter sur leur misère.

Le taux de l’Ariary par rapport aux autres devises continue de plonger, rendant l’inflation de plus en plus invivable pour les Malagasy dont plus de 90% sont dans une pauvreté totale.

Nous sommes pourtant un pays à potentiel mais nos dirigeants successifs, sans exception aucune, ont préféré se mettre sous le parapluie de la communauté internationale que d’avoir une vraie politique de développement sortie de la volonté nationale.

Le prétexte est celui de la « Mondialisation », si une poignée de leaders dans le monde ont pressenti derrière ce terme une nouvelle forme de colonisation, la majorité de nos soi-disant responsables s’en sont accoutumés en plongeant leur concitoyens un peu plus dans la misère en appliquant sans réflexion aucune les recettes des « ajustements structurels », dictées par les Institutions de Bretton Woods.

Dans cette « Mondialisation » se profile le contrôle des ressources minières, au nom de sauvegarde de l’environnement, comme si des personnes extérieures censurent ce que l’on doit cuire dans nos marmites !

Nos meneurs eux s’en accommodent, en détournant quelques miettes de la soi-disant « aide internationale pour le développement » et ils concourent dans les élections, surtout présidentielles, qui sera le « meilleur administrateur » selon le formulaire de la « bonne gouvernance » délivrée par les bailleurs de fonds, et c’est tout, et pour 5 ans ! Un mandat présidentiel qui est un copié /collé sur le France et la Communauté Européenne.

En apparence le système n’a rien de mal, mais dans le fond il nous appauvrit d’avantage.

Habitués à la dolce vita , le moramora, les Malagasy se laissent bercer et berner par l’Etranger et finissent par tourner leur rogne contre les « investisseurs » sur le terrain, alors qu’ils ignorent que tous ces manœuvres sont diligentées par des groupes et entreprises rivaux, se disputant nos richesses, avec la complicité de la majorité de nos responsables.

Comment est-il possible que l’exploitation de l’or ne soit pas sous le contrôle de l’Etat ? De même pour l’exploitation des hydrocarbures ? Et bien d’autres…

Ceux qui se proclament patriotes et nationalistes exploitent la misère de leurs concitoyens en alimentant une forme de xénophobie, qui un jour justifiera une intervention étrangère encore plus dangereuse pour notre souveraineté.

Peu d’entre eux ont un véritable programme économique patriote afin d’assurer le développement du pays. Tous restent dans le domaine de la dénonciation comme leurs « frères africains » sans proposition aucune pour sortir de la colonisation et autre réseau impérialiste.

Dans le fond, on se demande si le microcosme politique à Madagascar n’est pas atteint d’addiction vis-à-vis de l’Occident, une dépendance nocive à notre indépendance.

Nous avons quelque part vendu notre souveraineté à la communauté internationale, et maintenant, nous cueillons les fruits d’un goût amer.

 

 

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