Littérature: Jean-Luc Raharimanana décroche le prix littéraire avec son roman "Revenir"

  • jeudi, 13 décembre 2018 20:04
  • Tigre
  • Photos: Jean-Luc par Jocelyn Maillé, Jacques Lacarrière, Bibracte

Le prix littéraire Jacques Lacarrière décerné à Jean-Luc Raharimanana pour son roman Revenir

Ce lundi 10 décembre, le jury de cette première édition du prix littéraire Jacques Lacarrière, réuni à l’Institut du monde arabe et présidé par Gil Jouanard, a récompensé l’auteur malagasy Jean-Luc Raharimanana pour son livre Revenir, paru aux éditions Rivages en mars 2018.

Hommage au métissage et à la paix, cri de détresse et d’espoir, ce roman aux frontières de l’autobiographie est une déclaration d’amour à Madagascar et à la littérature.

Le mot de Sylvia Lipa-Lacarrière :

«Je me réjouis que le jury se soit accordé sur un livre d’une si grande qualité littéraire et où l’on retrouve l’essentiel de l’univers de Jacques Lacarrière et de ses préoccupations. Jacques se disait non pas « engagé » mais « engagé dans sa vie et dans son époque ». Les pages magnifiques de « Revenir » sur la nature, la façon dont l’auteur, à travers un destin personnel, rencontre l’essentiel, écrit sur l’exil, le métissage, l’amour, la poésie sont en résonnance avec le monde de Jacques Lacarrière, et l’agrandit encore ».

L’auteur:

Jean-Luc Raharimanana, né à Antananarivo en 1967, est un écrivain malagasy de langue française.

Romancier, essayiste et poète, Raharimanana est également auteur de pièces de théâtre, de contes musicaux et metteur en scène. Dans un style violent et lyrique, il y décrit la corruption et la pauvreté qui sévissent sur son île, avec des rappels sur la douloureuse histoire du pays. Plusieurs de ses œuvres ont été traduites en allemand, anglais, italien et espagnol.

En parallèle de ses publications et créations théâtrales, il est directeur de la collection Fragments aux éditions Vents d’Ailleurs. Conférencier et traducteur, il sillonne le monde pour parler écriture et littérature.

Le prix Jacques Lacarrière:

Jacques Lacarrière (1925-2005) fut poète, écrivain, essayiste.

Helléniste, il a traduit les auteurs antiques (Sophocle), mais aussi les écrivains grecs modernes (Vassilis Vassilikos, Costas Taktsis, George Seferis, Odysséas Elytis, Yannis Ritsos…), contribuant ainsi à les faire connaître en France. Il a beaucoup écrit sur la Grèce antique et moderne, mais il s'est aussi intéressé à la Turquie, la Syrie, l'Égypte, l'Inde, ainsi qu'à la France où il a vécu.

Ecrivain voyageur, il est également considéré comme l'un des pionniers du renouveau de la randonnée poétique et initiatrice. Son œuvre est d’une grande diversité, elle est complexe, érudite et toujours vivante.

En 2018, Bibracte EPCC, en partenariat avec la Bibliothèque de Saône-et-Loire (BDSL) et l’association Chemins faisant qui entretient la mémoire de l’écrivain crée le prix littéraire Jacques Lacarrière qui vise à mettre en avant un texte et son auteur.

Le prix se veut largement ouvert à la communauté des écrivains francophones, sans distinction de genre littéraire.

Jacques Lacarrière était très attaché à la Bourgogne où il résidait, et tout particulièrement au mont Beuvray, site de l’antique ville de Bibracte, dont il a si bien évoqué l’esprit des lieux – "Si l'on veut essayer de retrouver quelque chose des Gaulois, j'entends quelque chose que le paysage porte encore, même après tant de siècles, c'est à Bibracte qu'il faut aller, sur ce mont Beuvray dominant les plateaux du Morvan." (in : Chemin faisant, 1974). Lui-même avait pratiqué l’archéologie dans sa jeunesse au Liban.

Le jury:

Le jury du prix est présidé par Gil Jouanard, écrivain, président de l’association Chemins faisant. Il est composé des membres suivants : Marie-Hélène Fraïssé, auteure et productrice à France Culture, Christian Garcin, écrivain, Sylvie Germain, écrivain, Élie Guillou, chanteur, poète, Sylvia Lipa-Lacarrière, comédienne, déléguée artistique de l’association Chemins faisant, Valérie Marin La Meslée, auteure, journaliste littéraire au magazine Le Point, Abdourahman Waberi, écrivain, Bérangère Mérigot, directrice par intérim de la bibliothèque départementale de Saône-et-Loire.


Le prix littéraire Jacques Lacarrière distingue tous les deux ans un texte francophone de grande exigence littéraire, prolongeant l’esprit de l’écrivain. Il couronne l’auteur(e) d’un récit, roman, recueil de nouvelles, de poésie ou essai qui ouvre sur le monde sous le signe du partage. Un prix protéiforme, à l’image de l’œuvre laissée par Jacques Lacarrière.

Le prix consiste en une résidence littéraire à Bibracte, agrémentée, pour l’édition 2018, d’une aide à la création de 3000 € (partagée à part égale entre Bibracte et la BDSL) et de dotations en nature sous la forme d’une prise en charge des frais de séjours à Bibracte pour la durée de la résidence. Cette résidence à tenir durant l’année 2019 a pour vocation d’offrir au lauréat un cadre de travail favorable à la création, dans un lieu patrimonial unique dédié à la recherche archéologique.

Les trois finalistes de cette édition étaient :

• Victor Pouchet, Pourquoi les oiseaux meurent. Editions Finitude.

• Raharimanana, Revenir. Rivages.

• Bruno Pellegrino, Là-bas, août est un mois d’automne. Editions Zoé.


Bibracte:

A la fin du IIe siècle avant notre ère, au cœur du Morvan, le peuple gaulois des Eduens construit une ville sur le mont Beuvray, protégée par un rempart long de 7 km. C'est la naissance de l'oppidum de Bibracte, centre politique, religieux et économique d'un vaste territoire qui s'étend entre Saône et Allier.

En 52 avant notre ère, Vercingétorix y est proclamé chef de la coalition gauloise opposée à César, puis le général romain y prend ses quartiers d'hiver et y achève la rédaction de ses Commentaires sur la guerre des Gaules.

Peu après la conquête, l'oppidum est abandonné au profit d'une ville nouvelle, Augustodunum (Autun). Ses maisons, ses bâtiments publics, ses ateliers sont progressivement recouverts par les prés et la forêt, qui les protègent pendant deux millénaires.

La ville de Bibracte fut redécouverte et intensément fouillée dans la seconde moitié du XIXe siècle. Elle est ainsi devenue un des principaux sites de référence de l’archéologie celtique.

Bibracte est aujourd'hui un site archéologique majeur, que des scientifiques fouillent année après année. Bibracte est un lieu culturel et scientifique original qui gère un centre archéologique européen où sont accueillis chaque année plusieurs centaines d’archéologues et d’étudiants, issus d’une douzaine de pays d’Europe et pour lequel a été mis en place un vaste programme de recherche qui permet d’étudier le développement et le fonctionnement de la ville de Bibracte.

Au pied du site archéologique, le musée, inauguré par le Président Mitterrand en 1995, présente de nombreux objets archéologiques, des documents, des reconstitutions, de maquettes mais aussi des outils multimédia innovants. Une politique culturelle exigeante permet d’y présenter chaque année exposition d’archéologie, exposition d’art contemporain, concerts, conférences et d’y organiser régulièrement des résidences d’artistes.

Enfin, Bibracte-Mont Beuvray a obtenu en 2008 le label « Grand Site de France », qui lui a été renouvelé en 2014.

(Photos: Jean-Luc par Jocelyn Maillé, Jacques Lacarrière, Bibracte)

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